Avant de te lancer dans l’entrepreneuriat, tu as fait plusieurs missions humanitaires, peux-tu nous en parler ?

L’idée était de concrétiser l’utopie du lycéen que j’étais, pour contribuer à un monde meilleur à une époque où c’était peut-être moins fréquent pour les jeunes générations. Nous avons réalisé une première mission au Burkina Faso avec Michel et des copains avec l’aide de notre professeur. À 17 ans on a développé un projet pendant un mois, pour construire les fondations d’un dispensaire à 30 km d’Ouagadougou, dans un village qui s’appelle Tanlarghin. Ce fut un réel moment d’échanges et de découvertes ! Cela nous a donné l’envie de refaire une mission, deux ans après en Équateur, près de Quito, où notre contribution été très modeste mais ça nous a permis de nous ouvrir au monde.

Qu’est-ce qu’elles t’ont apporté sur le plan humain et professionnel ?

C’était déjà pour moi une forme d’entrepreneuriat : concrétiser et réaliser une idée un peu utopique et folle. Ce projet humanitaire nous a confronté, avec beaucoup d’humilité, à un monde extrêmement divers où les inégalités sont criantes. Nous avons dû trouver le financement, pour ensuite faire une analyse et un suivi de ce que nous avions mis en place.

Est-ce que tu incites les jeunes d’en faire autant avant de débuter dans le monde du travail ?

Oui, je pense qu’il est bénéfique pour les jeunes de se confronter à des situations variées, qu’ils puissent s’immerger avec engagement, passion et clairvoyance dans ce type de missions. Il est important d’en faire ensuite une analyse et un bilan, peu importe la durée de la mission. Il s’agit d’une réelle découverte de soi et de se découvrir à la fois sur nos talents et nos fragilités.

Pour revenir à tes années d’étudiant à l’ESCP Europe, t’es-tu tourné vers cette filière par choix ou par défaut ?

J’ai d’abord intégré l’Université de Nanterre et été admis en concours passerelle à l’ESCP. J’ai beaucoup aimé la formation intellectuelle. Celle-ci n’a pas été un choix par défaut car je n’en attendais pas grande chose à part une formation très généraliste et surtout un diplôme indispensable et reconnu en France. Je l’ai fait pour sécuriser et gagner en confiance mais je me suis beaucoup plus réalisé dans mes projets extra-scolaires que dans ma vie académique stricto-sensu.

Quels conseils pour ceux qui veulent tenter une reconversion ?

Je n’ai jamais eu l’impression de faire une reconversion, j’ai toujours eu un tempérament d’entreprendre et de m’engager dans différentes expériences. Aujourd’hui je suis chef d’entreprise ce qui reste un métier de prestation intellectuelle. J’incite vivement les gens à vivre des expériences variées, manuelles et se confronter à des milieux différents.

Vous avez récemment ouvert des bureaux aux États-Unis, la « french touch » est-elle un plus à l’étranger ?

C’est un plus dans le sens où on a la chance d’être français et d’essayer de faire rayonner un des secteurs que le monde entier nous envie : c’est-à-dire notre gastronomie, notre savoir-faire pâtissier.

Existe-t-il encore des rêves inachevés chez Michel et Augustin ?

Oh oui, plein ! Je rêve de ce qu’on appelle une « pension de famille », d’une nouvelle forme de fabrique de production, je rêve de développer 200 boulangeries en difficulté dans des petits villages en France, qu’on pourrait reprendre et qui pourraient concocter pour nous des gammes de cookies qu’on trouve en distribution nationale. Je rêve d’un incubateur, d’une chaîne de magasins, de cafés pâtissiers !

Qu’est ce qui t’as donnée envie de parrainer Papyrus Association ? Sa mission ou son fondateur ? 🙂

Ça a été avant tout une rencontre, je crois beaucoup aux rencontres et à l’œuvre au cœur. Une association ou une entreprise, est le reflet de ce que sont les femmes et les hommes qui la vivent. Vous avez envie et ça se sent !

Quelles sont tes attentes par rapport à cette bourse entrepreneuriale ?

Aujourd’hui ce qui a beaucoup de sens pour moi, c’est la transformation à taille humaine et la valorisation des terroirs.

 

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